đž Avons Nous Le Devoir De Chercher La Verite
LECHRETIEN ET LA DĂME. Je voudrais, en ce dĂ©but d'annĂ©e 2019, souhaiter Ă tous et Ă toutes, une annĂ©e de grande intimitĂ©, de communion et d'accomplissement avec le Seigneur notre PĂšre et notre Dieu.A prĂ©sent que je renoue avec mes lecteurs dans l'animation de ma page "Devoir de VĂ©ritĂ©", je voudrais partager avec vous cette autre vĂ©ritĂ© du Seigneur sur le privilĂšge dont
AnnaleBac : Avons-nous le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© ? LâĂ©preuve de philosophie est une Ă©preuve commune Ă toutes les filiĂšres. En effet, que vous soyez en terminale L, S, ES ou STG, vous serez amenĂ© Ă travailler en juin 2013 sur un sujet de dissertation de philosophie.Les Ă©tudiants qui prĂ©paraient un Bac S en 2012 sont eux aussi passĂ©s par lĂ et ont eu Ă traiter le
ParlĂ mĂȘme, nous nous dĂ©finissons comme des ĂȘtres de raison : cependant, pour ĂȘtre raisonnables, il nous faut rechercher la vĂ©ritĂ©. En effet, une raison asservie Ă d'autres par le moyen des jugements incertains, nous l'avons vu, se met en danger elle-mĂȘme, et c'est alors refuser d'ĂȘtre humain que de laisser l'usage de cette facultĂ©
Avonsnous intĂ©rĂȘt Ă la vĂ©ritĂ© ? La vĂ©ritĂ© se dĂ©finit traditionnellement comme l'adĂ©quation entre le discours et le rĂ©el. Autrement dit, lorsque lâ Rechercher dans 366788 documents. Chercher. Chercher. Accueil; Philosophie; Avons-nous intĂ©ret Ă la vĂ©ritĂ© ? Avons-nous intĂ©ret Ă la vĂ©ritĂ© ? Obtenir ce document Extrait du document
Maisà mesure que nous approchons de la fin, le danger de rester sourd aux révélations du Seigneur se fait plus précis, plus grave et plus lourd de conséquences. Au cours des siÚcles, la vérité a été à la fois permanente et progressive. Permanente parce que le dessein de Dieu pour le salut de l'homme est immuable, invariable. En progressive parce que, comme un éducateur
>>>>Je ne vois pas pourquoi il serait absurde de concevoir un objet de matiÚre qui serait capable de dominer d'autres objets de matiÚre. C'est ce que font les machines. Mais à part ca, rien ne dit que l'esprit soit de la matiÚre. "est-il correct de parler de domination ?" >>>>>On n'est pas obligé de voir ce mot avec un aspect guerrier.
Noussouffrons parce que nous avons rejetĂ© la connaissance et la vĂ©ritĂ©, nos leaders religieux ont rejetĂ© la connaissance de lâĂternel, lâINCRĂĂ qui est la vĂ©ritĂ©. Câest le cĆur de lâHaitien qui doit ĂȘtre changĂ© et il nây a que deux façons de changer un cĆur mauvais, 1) prendre conscience et faire volte face, 2) Ătre touchĂ© par le Saint-Esprit. Dans notre cas, câest
LĂ oĂč il nây a pas de droits, il nây a pas de devoirs. Dire la vĂ©ritĂ© nâest donc un devoir quâenvers ceux qui ont droit Ă la vĂ©ritĂ©. Or nul homme nâa droit Ă la vĂ©ritĂ© qui nuit Ă autrui. VoilĂ , ce me semble, le principe devenu applicable. En le dĂ©finissant, nous avons dĂ©couvert le lien qui lâunissait Ă un autre
Cetteobligation donne sens Ă notre vie : direction et signification. On peut aussi concevoir le devoir en question comme une nĂ©cessitĂ© en vue dâobtenir autre chose que la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme. Lâobtention de celle-ci serait la condition sine qua non du bonheur, de la sagesse. Une voie obligĂ©e, escarpĂ©e mais bĂ©nĂ©fique vers quelque
kyZFld. Si on recherche la vĂ©ritĂ©, est-ce parce qu'elle est cachĂ©e? VĂ©ritĂ© adĂ©quation entre un jugement et la rĂ©alitĂ©. adĂ©quation de la chose et de l'intellect » PrĂ©suppose qu'elle existe, qu'il existe une vĂ©ritĂ© absolue, et qu'on est Ă sa recherche. Cela prĂ©suppose qu'il y ait une raison pour que l'on recherche la vĂ©ritĂ©. j'ai d'abord dit qu'on ne peut pas avoir connaissance de la vĂ©ritĂ© et c'est la raison pour la quelle nous la cherchons, pour essayer de s'en rapprocher le plus possible. ex enquĂȘte policiĂšre. J'ai aussi parlĂ© du fait que certaine fois, on voudrait accĂ©der Ă la vĂ©ritĂ© et on la cherche alors mĂȘme qu'elle est sous nos yeux. J'ai dĂ©velopper en parlant de la "lettre cachĂ©e" de POE. J'ai continuer ainsi sur la dĂ©monstration en disant qu'on part toujours sur un prĂ©supposĂ© dĂ©jĂ Ă©tabli qu'on suppose vrai. CachĂ©e occultĂ©e, soustraite Ă la vue, dissimulĂ©e, Elle se dĂ©robe Ă notre recherche, la vĂ©ritĂ© est Ă chercher dans nos pensĂ©es, car les choses ne peuvent ĂȘtre vraies ou fausses, elles sont ou elles ne sont pas, ce n'est que l'idĂ©e qu'on s'en fait qui peut-ĂȘtre qualifiĂ©e de vrai ou faux. PrĂ©supposĂ©s peut-ĂȘtre faux, peut-ĂȘtre que nous la cherchons parce qu'elle n'existe pas ou pas sous la forme Ă laquelle on pense. Introduction La vĂ©ritĂ© se dĂ©finit pour Thomas d'Aquin comme Ă©tant adaequatio rei et intellectus », l'adĂ©quation de la chose et de l'intellect. En effet seul notre jugement Ă l'Ă©gard d'un objet peut ĂȘtre qualifiĂ© de vrai ou de faux. Il peut ĂȘtre faux Ă cause de notre subjectivitĂ©, du fait que nous sommes des ĂȘtres finis, que nous ne connaissons pas la rĂ©alitĂ© dans toute son intĂ©gralitĂ©, et c'est aussi pour cette raison que nous sommes Ă la recherche de la vĂ©ritĂ©, c'est parce que nous ne la dĂ©tenons pas dans l'absolu. La raison pour laquelle nous sommes Ă la recherche de la vĂ©ritĂ© est-elle juste parce que cette derniĂšre est cachĂ©e ? De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, si nous cherchons quelque chose c'est parce qu'il est cachĂ©e, si nous cherchons la vĂ©ritĂ© Ă propos d'un mensonge qu'on nous a dit, c'est parce que la vĂ©ritĂ© nous est cachĂ©e. Seulement ne peut-on pas affirmer que la vĂ©ritĂ© est souvent Ă©vidente et sous nos yeux mais que du fait de nos prĂ©jugĂ©s et de nos prĂ©supposĂ©s nous sommes incapable de la voir ? Ou mĂȘme que si nous cherchons la vĂ©ritĂ© c'est simplement parce que nous ne la connaissons pas et voulons s'en approcher le plus possible ? En philo cours, on ne peut avoir une connaissance absolue de la vĂ©ritĂ© car nous sommes des ĂȘtres finis et ainsi que la vĂ©ritĂ© n'est pas innĂ©e chez l'homme, et c'est la raison pour laquelle nous devons la chercher afin de s'en approcher le plus possible. L'Homme ne peut avoir une connaissance totale et absolue de la vĂ©ritĂ©, en effet une connaissance se dĂ©finit comme Ă©tant un jugement vrai, c'est-Ă -dire en adĂ©quation avec la rĂ©alitĂ©, dont on puisse prouver le caractĂšre vrai, seulement, Ă moins d'une dĂ©monstration, l'homme ne peut avoir de certitudes assertion ou choses dont on ne peut pas douter et de ce fait ne peut atteindre une vĂ©ritĂ© absolue. Ainsi nous devons toujours chercher Ă se rapprocher le plus possible de la vĂ©ritĂ© en Ă©mettant de hypothĂšses, en faisant des interprĂ©tations. Effectivement, lorsque nous recherchons la vĂ©ritĂ©, nous essayons d'interprĂ©ter les sensations que l'on perçoit d'un objet afin d'en faire un tout cohĂ©rent qui serait en phase avec la rĂ©alitĂ©, puisque nous n'avons pas accĂšs Ă l'objet dans son intĂ©gralitĂ© et que nous ne pouvons avoir qu'un nombre fini de donnĂ©es partielles concernant l'objet. Ainsi la vĂ©ritĂ© n'est pas pour ainsi dire cachĂ©e, elle est partiellement occultĂ©e par nos prĂ©jugĂ©s, notre subjectivitĂ©, le nombre limitĂ© de donnĂ©es concernant l'objet, et le fait que nous soyons des ĂȘtres finis. Pour la chercher et surtout pour la dĂ©couvrir, nous devons comme le remarque Kant dans La critique de la raison pure chercher ce qui est faux dans ce qui semble crĂ©er un consensus entre plusieurs hommes autour d'un mĂȘme jugement. Ainsi nous cherchons la vĂ©ritĂ© en essayant de voir les possibles erreurs d'interprĂ©tation, mais cela ne signifie pas que la vĂ©ritĂ© est cachĂ©e, elle est seulement difficile Ă atteindre car notre jugement peut ĂȘtre erronĂ© ce qui fait que nous ne pouvons savoir si notre avis Ă©tait vrai ou s'il ne l'Ă©tait pas. Si nous devons chercher la vĂ©ritĂ© c'est non pas parce qu'elle nous est dissimulĂ©e mais parce qu'elle reprĂ©sente un but en soi, nous devons la chercher parce que nous n'avons pas une connaissance absolue de l'Univers qui nous permettrait de tout savoir, la vĂ©ritĂ© ne nous est tout simplement pas innĂ©e. De ce fait l'homme doit chercher la vĂ©ritĂ© parce qu'il n'en a pas connaissance et surtout puisqu'elle ne fait pas partie de sa nature dĂšs sa naissance, l'homme, Ă la diffĂ©rence d'une hypothĂ©tique transcendance surnaturelle, n'est pas un ĂȘtre infini. Donc il n'a pas connaissance de la vĂ©ritĂ© dans ces moindre dĂ©tails ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle est cachĂ©e comme nous l'avons dit prĂ©cĂ©demment. Cependant, peut-ĂȘtre n'avons nous pas pris assez de recul par rapport Ă notre sujet. En effet, comme nous l'avons vu auparavant, nous ne pouvons avoir une connaissance parfaite et sans faille de la vĂ©ritĂ©, et c'est d'ailleurs pour cela que nous ne pouvons que nous en rapprocher mais ne pouvons pas l'atteindre. Et donc justement c'est lĂ que la thĂšse prĂ©cĂ©dente ne tient plus puisque le fait mĂȘme de pouvoir s'approcher de la vĂ©ritĂ© sans pouvoir la toucher nous montre de maniĂšre Ă©vidente qu'elle nous est cachĂ©e, en effet il nous manque toujours des donnĂ©es qui nous permettent d'ĂȘtre sĂ»r de dĂ©tenir la vĂ©ritĂ© Ă cent pour cent et ainsi par voie de consĂ©quence nous pouvons affirmer qu'elle est dissimulĂ©e Ă la conscience humaine. Rappelons la dĂ©finition de la vĂ©ritĂ©, c'est l'adĂ©quation de la chose et de l'intellect, comme notre intellect est le fruit de notre Ă©ducation, de notre culture, de nos origines sociales, et mĂȘme de nos intĂ©rĂȘts, nous avons toujours un point de vue subjectif. Ce point de vue nous amĂšne Ă faire des interprĂ©tations, des hypothĂšses qui sont marquĂ©es par notre subjectivitĂ©. Ătant marquĂ©es par nos opinions, nos interprĂ©tations sont plus ou moins erronĂ©es et ne peuvent donc pas par dĂ©finition ĂȘtre vraies, et mĂȘme si elles sont vraies nous ne pourront jamais savoir si elles sont vraies et ne pourront pas montrer leur caractĂšre vrai. Donc notre partialitĂ© en nous empĂȘchant d'atteindre Ă coup sĂ»r une vĂ©ritĂ©, nous cache cette vĂ©ritĂ©, c'est pour cela que nous devons chercher Ă ĂȘtre plus objectif, afin de dĂ©voiler plus ou moins la vĂ©ritĂ© toujours dissimulĂ©e sous notre point de vue particulier. Si nous devons la chercher c'est parce que elle est masquĂ©e par nos prĂ©jugĂ©s. LĂ est toute la problĂ©matique du cercle hermĂ©neutique, lorsque nous cherchons la vĂ©ritĂ© il nous est trĂšs difficile de ne pas faire intervenir notre point de vue subjectif. Lorsque nous essayons de comprendre un texte nous faisons intervenir dĂ©s la premiĂšre ligne notre partialitĂ© et nous posons des prĂ©jugĂ©s sur le texte et sur ce qui va suivre. Et ainsi nous faisons un contresens complet sur le texte que nous Ă©tudions car l'interprĂ©tation erronĂ©e d'une donnĂ©e partielle dĂ©termine nĂ©cessairement une idĂ©e du tout erronĂ©e, qui engendre alors une interprĂ©tation erronĂ©e d'une nouvelle donnĂ©e partielle qui Ă son tour engendre une erreur dans l'idĂ©e du tout et cĂŠtera... Ce que nous prĂ©supposons Ă propos du sens global du texte conditionne notre façon de lire, nous rentrons ainsi dans un cercle vicieux et nous plaquons de fausses idĂ©es sur le texte qui tendent Ă confirmer ce que l'on pense, donc ce cercle hermĂ©neutique renforce notre adhĂ©sion Ă notre supposition de dĂ©part, laquelle pouvant ĂȘtre fausse ou erronĂ©e. Ainsi lorsque nous cherchons la vĂ©ritĂ© Ă propos d'un texte pour rester dans la continuitĂ© de notre exemple, nous devons nous extraire de notre point de vue car notre subjectivitĂ© nous empĂȘche d'atteindre la vĂ©ritĂ©, en tout cas de s'en rapprocher. Donc la vĂ©ritĂ© est dissimulĂ©e sous nos prĂ©jugĂ©s et sous notre subjectivitĂ©, c'est pourquoi nous devons la chercher. Nous devons chercher la vĂ©ritĂ© c'est parce qu'elle reprĂ©sente un objectif en soi, seulement cette derniĂšre peut ĂȘtre accessible et mĂȘme Ă©vidente, sans que nous ne la voyons car nous sommes enfermĂ©s dans notre point de vue subjectif. En fait la veritĂ© se trouve souvent sous nos yeux telle une Ă©vidence invisible comme l'Ă©tait l'hĂ©liocentrisme Ă l'Ă©poque de Copernic ! Dans ce cas, la vĂ©ritĂ© n'Ă©tait pas cachĂ©e mais elle Ă©tait en Ă©vidence sous des yeux qui ne la regardaient pas, car elle aurait dĂ©truit l'autre Ă©vidence que constituĂ© alors le gĂ©ocentrisme. La vĂ©ritĂ© n'est pas cachĂ©e, elle est dissimulĂ©e en-deçà des prĂ©jugĂ©s humains. La vĂ©ritĂ© n'est pas toujours cachĂ©e mais est souvent difficile Ă trouver car nous sommes enfermĂ©s dans notre point de vue subjectif, notre incapacitĂ© physique Ă dĂ©celer la rĂ©volution de la Terre, et les anciennes thĂšses gĂ©ocentrique que nous avons assimilĂ©es et que nous ne pouvons remettre en cause. La vĂ©ritĂ© ne se dĂ©robe pas Ă notre recherche mais nous l'occultons du fait mĂȘme de notre subjectivitĂ© et du fait que nous sommes, Ă la diffĂ©rence d'une transcendance surnaturelle, des ĂȘtres finis. N'ayant pas l'ensemble des donnĂ©es partielles constituantes de l'objet, ou d'un Ă©vĂ©nement, nous n'avons pas la possibilitĂ© de dĂ©tenir la vĂ©ritĂ© absolue que nous recherchons tout de mĂȘme.
A la gloire du Grand Architecte de lâUnivers, Trois Fois Puissant Maitre et vous tous mes FrĂšres Maitres SecretsOn me demande dâexpliquer ce passage du rituel Ne profanez pas le nom de VĂ©ritĂ© en le donnant aux conceptions humaines ».Cette phrase conclut lâexhortation que prononce le Trois Fois Puissant Maitre Ă la fin du deuxiĂšme voyage serpentin lors du rituel de rĂ©ception des FrĂšres Maitre SecretsLâexhortation dans son entier est la suivante Ăcoutez la voix qui vous dit Nâaccorde Ă qui que ce soit une confiance aveugle, mais Ă©coute tous les hommes avec attention et dĂ©fĂ©rence ; aie la ferme rĂ©solution de les toutes les opinions, mais ne les dĂ©clare justes que si elles apparaissent telles Ă ton examen profane pas le nom de VĂ©ritĂ© en le donnant aux conceptions humaines ! »Et dâabord quelle est cette voix qui nous dit ? Cette voix passe par la bouche du Trois Fois Puissant MaĂźtre qui, en Ă©levant son Ă©pĂ©e droite vers le ciel et en tenant son maillet sur le cĆur lors de lâouverture des travaux, semble indiquer que ce quâil dit est juste et inspirĂ© par Le Grand Architecte De lâUnivers. En tout cas la voix semble profĂ©rer de maniĂšre bienveillante et sage conseils, recommandations, incitations, leçons ou objurgations bienveillantes pour un Devoir constructif Pas de confiance aveugle », Ă©coute de tous les hommes », rĂ©solution de comprendre ». Câest en tous cas Ă nos sens, Ă notre esprit et Ă notre clairvoyance que fait appel cette voix Elle nous dit de ne justifier une opinion quâĂ partir de notre examen propre. Cela semble signifier quâen tant que Maitres Secrets nous sommes libres et responsables. Notre Parole nous engagent et peuvent engager le monde autour de nous. Ce que lâhomme appelle vĂ©ritĂ© nâest peut-ĂȘtre pas toujours bon Ă partager. Mais de quoi notre libertĂ© nous donne-t-elle la responsabilitĂ©? Et bien câest ce qui nous dit la voix dans cette derniĂšre phrase nous sommes responsables de concevoir ce que nous nommerons vĂ©ritĂ© ». La DĂ©claration de Principes du Rite Ăcossais Ancien et AcceptĂ© [Ă©tablie dâaprĂšs les dĂ©libĂ©rations du Convent de Lausanne du 22 septembre 1875, et dâaprĂšs celles des confĂ©rences des SuprĂȘmes Conseils tenues Ă Lausanne en 1922, Ă Paris en 1929, Ă Bruxelles en 1935 et Ă Cuba en 1956, et toujours en vigueur aujourdâhui,], aprĂšs avoir proclamĂ© quâil existe un principe crĂ©ateur nommĂ© Grand Architecte de lâUnivers et aprĂšs avoir ajoutĂ© quâil est un ordre initiatique dont chacun des adeptes progressent de degrĂ© en degrĂ© selon ses capacitĂ©s et ses facultĂ©s propre, dit ceci Ă lâarticle 3 Il [le rite Ă©cossais ancien et acceptĂ©] nâimpose aucune limite Ă la libre recherche de la vĂ©ritĂ©, et câest pour garantir Ă tous cette libertĂ© quâil exige de tous la donc pour la libre recherche de la vĂ©ritĂ© que nous sommes devenus Maitres Secrets. Cela semble tout simple quand on le dit comme ça. Mais cela nous pose la question Quâest-ce que la vĂ©ritĂ© ? Comment dĂ©finir ce que nous recherchons ?Comme base nous avons les mots choisis par la voix Le verbe profaner », le mot de conceptions » et son qualificatif humaines ».La profanation est un acte sacrilĂšge, un manque de respect au sacrĂ©. Câest une irruption irrespectueuse du profane dans le sacrĂ©. La perspective que nous ouvre la voix induit le caractĂšre sacrĂ© du nom de vĂ©ritĂ©. Nous sommes dans la transcendance. Nous pourrions dire quâil sâagit de Logos au sens Ă©tymologique du terme, câest-Ă -dire Ă la fois raison, sagesse, relation et discours. Discours comme utilisation de la langue, câest-Ă -dire parole exprimant une conception en son sens premier est synonyme de fĂ©condation. Câest un acte de crĂ©ation en rapport avec la vie, en rapport avec lâessentiel. Câest donc un principe actif de construction. Aucun terme de nos rituels nâest choisi par hasard. Il serait donc question ici de nommer vĂ©ritĂ© une idĂ©e en rapport avec le mystĂšre de la vie, le mystĂšre de la crĂ©ation. Nous devrions chercher Ă reconnaitre le Logos et finalement le voix nous dit ne pas donner le nom de vĂ©ritĂ© aux conceptions humaines. Alors ne devrions-nous pas dĂ©finir ce que sont les conceptions humaines qui pourraient ĂȘtre prises pour vĂ©ritĂ© afin de les Ă©carter de lâaxe de notre recherche et ainsi garder le cap vers la vĂ©ritĂ© transcendante que nous erreur, mensonge, imposture sont des concepts auxquels sont souvent donnĂ©s le nom de vĂ©ritĂ©. Ce sont des Ă©chafaudages de lâesprit humain. Ce sont des conceptions de lâego destinĂ©es Ă rassurer chacun dâentre nous dans les relations sociales. Lâautre ne peut pas ĂȘtre plus beau, plus intelligent, plus brillant, plus aimĂ© que moi. Et si par hasard il lâĂ©tait jâĂ©dicte mes propres rĂšgles qui feront que la vĂ©ritĂ© sera la mienne, celle qui me place devant. Les vĂ©ritĂ©s de lâego sont les vĂ©ritĂ©s dĂ©voyĂ©es. Ce sont celles que construit lâesprit humain dans lâaxe du parjure. Ce sont les constructions mentales par lesquelles sâintroduit de manque de respect au sacrĂ©Alors comment sĂ©parer, comment tracer une sĂ©paration, entre le profane et le sacrĂ© ? Le plus simple semble ĂȘtre de dĂ©finir ce qui est contraire Ă la morale, dâĂ©carter tout ce qui nâest pas prouvĂ© scientifiquement et de disqualifier tout ce qui ne vient pas des bons sentiments ou de lâempathie. Câest-Ă -dire sĂ©parer ce que nous considĂ©rons socialement comme le bien et le mal, et comme nous en avons fait le serment de fuir le vice et de pratiquer la vertu. Le problĂšme est que dans le monde des hommes le vice et la vertu ne sont pas toujours lĂ oĂč lâon croit quâils science, la physique, la nature et leurs lois attestĂ©es par lâexpĂ©rimentation peuvent nous paraitre un moyen de conceptualiser la vĂ©ritĂ©. Cependant il nây a pas si longtemps la terre Ă©tait plate pour tous les hommes. Newton sous son pommier nous dĂ©crit la loi de la gravitĂ© et la terre ronde nâest plus le centre de lâunivers. Lâhomme accorde Ă la loi Newton le nom de vĂ©ritĂ© absolue de la nature. Mais il y a quelques temps arrive le gĂ©nie Einstein qui offre aux hommes sa thĂ©orie de la relativitĂ©. On labellise cette thĂ©orie vĂ©ritĂ© avec enthousiasme comme on le fait encore avec les nouvelles thĂ©ories de la mĂ©canique quantique attestĂ©es par dâimmenses expĂ©riences dans dâimmenses synchrotrons. Newton et son pommier sont toujours lĂ mais le nom de vĂ©ritĂ© nây est plus que relatif. La conception de la vĂ©ritĂ© par la science semble donc ĂȘtre illusoire. Mais la recherche scientifique est bien rĂ©elle. Câest peut-ĂȘtre lâaxe de recherche qui est Ă modifierDans un autre ordre dâidĂ©e nous pourrions penser que conceptualiser la vĂ©ritĂ© Ă partir de la justice est une bonne idĂ©e. Nous avons des rĂšgles morales. Ces rĂšgles morales souvent Ă©dictĂ©es Ă partir des textes sacrĂ©s, politiques ou religieux. Nous avons les tables de la loi. En principe ces tables nous disent la vĂ©ritĂ©. Mais quelle vĂ©ritĂ© ? Pour la politique ou la religion nous pourrions par exemple dire en parodiant VĂ©ritĂ© en deçà de la mĂ©diterranĂ©e, mensonge au-delĂ . » Car comme nous le savons certains jugements ne disent que la vĂ©ritĂ© qui est audible et qui rassure lâopinion publique. Innocent de deux crimes mais dans lâimpossibilitĂ© de faire passer au tribunal cette version pour vraie un homme peux sâaccuser dâun crime quâil nâa pas commis prĂ©textant quâil souhaitait dĂ©fendre la premiĂšre victime lorsquâil a tuĂ© la seconde, profitant ainsi dâune peine moins grande. Il est innocent mais le jugement entĂ©rine une vĂ©ritĂ© part mĂ©fions-nous aussi des symboles. Ou plutĂŽt nâoublions pas de creuser sous le symbole. MĂ©fions-nous des idĂ©es reçues qui peuvent facilement nous servir de rĂ©alitĂ© en nous Ă©vitant la peine de penser par nous-mĂȘmes. Souvenons-nous du tableau de Magritte reprĂ©sentant une pipe, reprĂ©sentation sous laquelle nous pouvons lire ceci nâest pas une pipe ». Effectivement Magritte nous signale que la reprĂ©sentation dâune pipe nâest pas la pipe elle-mĂȘme. La vĂ©ritĂ© de la pipe est autre. Câest un objet trĂšs personnel dans lequel on entretien les braise dâun tabac choisi. Son fourneau en buis ou en Ă©cume rĂ©chauffe en hiver la main qui la tient, son tuyau en corne, en ivoire ou en ambre tempĂšre la goulĂ©e lors de lâaspiration pour ravir les sens et apaiser lâesprit. La pipe nâest pas quâune construction mentale. Câest un concept créé depuis la matiĂšre, les sens et lâesprit pour rĂ©jouir lâĂąme. MĂ©fions-nous des la vĂ©ritĂ© est-elle dans la Nature ou dans son apparent bel Ă©quilibre? GĂ©rard de Nerval dont le poĂšme nous a Ă©tĂ© si bien dit par notre Respectable Maitre Secret Christian et dont le premier vers va vous Ă©clairer Homme! libre penseur te crois-tu seul pensant ». Ce premier vers me pousse Ă remettre en scĂšne lâhistoire bucolique de Newton. La scĂšne se passe au verger. Le rideau sâouvre sur le pommier. Le pommier conçoit son fruit. Bravant le froid de lâhiver, rĂ©sistant aux traitresses gelĂ©es printaniĂšres, traversant les orages et les grĂȘles de lâĂ©tĂ© le pommier conçoit sans relĂąche son fruit. Au dĂ©but de lâautomne il pense sa conception mature et, par des moyens connus des pommiers seuls, il laisse tomber son fruit sur lâherbe ombreuse. Eve voit la pomme, la ramasse et la croque. Quelle est la vĂ©ritĂ© du pommier ? Pour le pommier la vĂ©ritĂ© câest lâexpression qui passe dans les yeux dâEve au moment oĂč elle croque la pomme. Lâavantage avec la nature câest que comme elle ne parle pas nous pouvons lui faire dire ce que nous voulons. Donc pour la vĂ©ritĂ© câest toujours un peu sujet Ă caution. Mais nous pouvons quand mĂȘme y trouver des nous pourrions ainsi dĂ©crire les pieux mensonges, les comportements dits de jĂ©suite » parfois assimilĂ©s Ă lâhypocrisie mais souvent partant de trĂšs bons sentiments ou de trĂšs bonne raison. Certaines semi-vĂ©ritĂ©s, auxquelles on donne le nom de vĂ©ritĂ© Ă©vitent au monde de grand malheurs. Et, Ă ce propos, nous pourrions dĂ©crire aussi le secret. Le secret » a donc beaucoup Ă voir avec la vĂ©ritĂ©. Et jâajouterais quâil est curieux de remarquer que dans le peu de phrases que prononce la voix elle nous dit de faire une dĂ©claration juste. Juste selon notre examen. La voix nous dit que nous donnerons le nom de vĂ©ritĂ© Ă une parole impeccable », câest-Ă -dire littĂ©ralement de parole sans pĂ©chĂ© », pour une parole sans tache », de parole pure, de parole PARFAITE » comme il se doit probablement dans une LOGE DE PERFECTION. Cette parole parfaite nous devons la concevoir en la cherchant dans lâaxe de transcendance, dans lâaxe de notre Loge, dans lâĂ©change du microcosme et du macrocosme, dans les reflets qui nous Ă©clairent entre "Deus meumque jus" - "Ordo ab chao" de lâemblĂšme de notre Ordre et le "Gimel dans lâĂtoile des GĂ©omĂštres" de notre tableau de Loge. Tout ce que je viens de dĂ©crire lĂ , ce travail de rĂ©flexion dans lâaxe de la Loge, câest ce que nous nommons lâĂ©thique, câest-Ă -dire ce qui dans le dialogue de la transcendance fait appel non seulement Ă lâesprit mais aussi au corps et au de tout ce que nous venons de voir il ressort une chose La vĂ©ritĂ© ne se trouve pas, elle se cherche. Elle se cherche en avançant parfaitement et inlassablement dans lâaxe de lâĂ©thique. Et, Pour Nous Maitres Secrets, quelle action pourrait ĂȘtre plus parfaite que celle que nous nommons Devoir. Ce qui nous rapproche certainement le plus de la vĂ©ritĂ© câest le Devoir. Continuons donc inlassablement et sans Ă©tat dâĂąme, sans certitude et sans autre raison que celle dâavancer sur le chemin du devoir de ce que nous poursuivons inlassablement câest le chemin vers la parole perdue. Comme le pommier concevons notre fruit. Concevons la parole parfaite qui nous pourrait Ă©ventuellement nous permettre dâavoir, le jour venu, notre pipe se cassant en traversant le miroir, au moment de lâultime initiation, le moyen de comprendre ce que nous lirons dans lâĆil immense et gĂ©omĂ©trique du grand architecte de lâunivers lorsquâil nous dira VĂ©ritablement quâil nâexiste pasâŠâŠou quâil dit, Trois Fois Puissant Paule 4ĂšmePerfection - Bangkok - Septembre 2016
ElĂšve prodige, Nietzsche obtient Ă 25 ans un poste Ă lâuniversitĂ© alors quâil nâa pas de thĂšse. Câest Ă cette Ă©poque quâil rencontre Wagner. Il dĂ©missionne 10 ans plus tard pour vivre en nomade en Italie, France et BohĂšme, pĂ©riode de maturation de son oeuvre. La fin de sa vie verra une descente dans la folie, dont il ne reviendra pas. AprĂšs sa mort, sa sĆur Elizabeth tenta dâutiliser sa pensĂ©e pour servir ses convictions nazie. Elle publiera des notes, allant jusquâĂ en réécrire des parties. Ce sera lâouvrage posthume La volontĂ© de puissance. La vie ne tend pas au bonheur pour Nietzsche, qui critique en cela les philosophies eudĂ©monistes classiques. Câest que la vie est pensĂ©e ici comme une Ă©nergie. Il sâagit dâune force vitale qui pousse tout ĂȘtre vivant, de la bactĂ©rie Ă la civilisation, Ă Ă©tendre son pouvoir sur ce qui lâentoure, Ă tenter de se lâapproprier, lâassimiler, le digĂ©rer pour le soumettre Ă sa loi. Il nây a ici rien de moral ou dâimmoral, il sâagit juste dâun Ă©tat de fait la vie est comme ça, elle est volontĂ© de puissance »[1]. La vie est donc par nature Lire la suite â La tolĂ©rance est un concept datĂ©, nĂ© au XVIĂšme siĂšcle avec lâĂ©dit de tolĂ©rance » de Catherine de MĂ©dicis, qui reconnaissait le droit de culte aux protestants. La notion est donc trĂšs liĂ©e, dĂšs son essor, au contexte des guerres de religions entre catholiques et protestants qui divisaient alors le royaume. Comme Ă©motion positive, ce qui nous intĂ©resse ici, elle dĂ©signe un Ă©ventail dâattitudes allant de lâeffort conscient pour accepter ce quâon nâapprouve pas, jusquâĂ lâaccueil bienveillant de la diffĂ©rence quelle quâelle soit, traduisant ainsi une ouverture dâesprit, un respect dâautrui voire une curiositĂ© pour sa particularitĂ©. Voltaire[1] en faisait une condition incontournable du dĂ©veloppement moral des individus, et par suite, du progrĂšs social. En effet, la tolĂ©rance est une des conditions dâun vivre-ensemble harmonieux. Câest aussi une condition de la dĂ©mocratie, puisquâelle suppose la reconnaissance dâune Ă©quivalence en droit et en dignitĂ© de toutes les opinions. Mais toutes les opinions doivent-elles vraiment ĂȘtre tolĂ©rĂ©es ? Ainsi, la tolĂ©rance nâest pas sans ambiguĂŻtĂ©s. Notons dâabord que la tolĂ©rance nâest pas lâindiffĂ©rence. Se moquer de tout ou considĂ©rer que tout est Ă©quivalent nâest pas ĂȘtre tolĂ©rant. Lire la suite â Je vous propose cette semaine une rĂ©flexion dans le prolongement de celle ouverte il y a quelques semaines par la machine de Nozick. On y avait vu que si, comme on a tendance Ă le croire, lâĂȘtre humain recherchait par dessus tout Ă ĂȘtre heureux, alors toute personne devrait souhaiter se brancher Ă la machine. Or, lâexpĂ©rience de pensĂ©e soumise Ă un grand nombre dâindividus montre quâau contraire, trĂšs peu de gens le ferait, indiquant par lĂ que le bonheur nâest pas nĂ©cessairement pour eux la valeur suprĂȘme. Ce qui nous mĂšne Ă la question philosophique de cette semaine faut-il prĂ©fĂ©rer le bonheur Ă la vĂ©ritĂ© ? Implicitement, la question ne semble se poser que dans des situations oĂč elles sâexcluent lâune lâautre. Ce serait bonheur ou vĂ©ritĂ©, comme si on ne pouvait avoir les deux en mĂȘme temps, comme si le bonheur ne pouvait que sâaccompagner du mensonge et que la vĂ©ritĂ© ne pouvait que faire notre malheur. Dans une telle situation, on peut vouloir dâabord entendre le faut-il ?» comme un doit-on ?». Nous sommes alors renvoyĂ©s Ă la question des devoirs, comme si chacun dâentre nous, en toutes circonstances, avait le devoir de prĂ©fĂ©rer lâun Ă lâautre. Doit-on donc prĂ©fĂ©rer la vĂ©ritĂ© au bonheur, comme sâil y avait lĂ un devoir envers soi-mĂȘme, une dignitĂ© particuliĂšre ? Doit-on au contraire prĂ©fĂ©rer le bonheur Ă la vĂ©ritĂ©, poussĂ©s par ce qui serait un respect envers notre nature, dĂ©finie alors principalement sous son aspect jouissif ? La question des devoirs envers soi-mĂȘme et des contenus de ces devoirs Ă©tant dĂ©jĂ philosophiquement problĂ©matique, câest Ă grand peine quâon fonderait ici un devoir prioritaire envers soi-mĂȘme pour lâun ou pour lâautre, pour le bonheur ou pour la vĂ©ritĂ©. Se poser la question serait alors plutĂŽt Ă entendre sur le mode du conseil, comme un vaut-il mieux choisir le bonheur contre la vĂ©ritĂ© ou la vĂ©ritĂ© contre le bonheur » ? Vous lâaurez compris, ce vaut-il mieux » ne peut faire lâĂ©conomie du par rapport Ă quoi ? ». Par rapport Ă mes intĂ©rĂȘts ? Sans doute est-ce la vĂ©ritĂ© quâil faut alors privilĂ©gier. Par rapport Ă mon bien-ĂȘtre global ? Bien malin celui qui sait dĂšs maintenant quelle alternative lui sera la plus heureuse au final. Une vĂ©ritĂ© douloureuse mais libĂ©ratrice vaut peut-ĂȘtre mieux quâune illusion confortable bercĂ©e trop longtemps. Eviter un malheur prĂ©sent nâest peut-ĂȘtre pas un bon calcul Ă long terme. Difficile, donc, de se prononcer sur la meilleure des deux options dâun point de vue pragmatique, y compris par rapport au bonheur lui-mĂȘme. Si bonheur et vĂ©ritĂ© semblent dâabord sâexclurent, ils peuvent aussi se rejoindre par-delĂ le malheur prĂ©sent. On aboutirait alors Ă un bonheur par la vĂ©ritĂ©, comme sâil sâagissait dâun chemin dĂ©tournĂ© mais plus solide Ă long terme. Vous lâaurez compris, il nây a pas de bonne rĂ©ponse » Ă cette question, mais plutĂŽt des choix et des implications. En choisissant la vĂ©ritĂ© au bonheur, je fais un choix sur la personne que je dĂ©sire ĂȘtre. Ne pas mettre la tĂȘte dans le sable et choisir de faire face Ă une vĂ©ritĂ© dĂ©sagrĂ©able est aussi une façon de sâassumer, dâassumer la vie avec ses dimensions dĂ©plaisantes et de se montrer responsable face au monde. On peut choisir la vĂ©ritĂ©, avec les souffrances quâelle suppose, et en tirer, si ce nâest un bonheur en soi, au moins une certaine idĂ©e de soi-mĂȘme. Se choisir responsable et malheureux plutĂŽt quâheureux dans lâillusion est aussi un choix rationnel qui engage lâĂȘtre. Tout comme le choix inverse. En choisissant le bonheur Ă la vĂ©ritĂ©, jâindique que la dimension la plus importante de mon ĂȘtre est de jouir de la vie, quitte Ă en rester au niveau superficiel des choses et des relations, quitte Ă ĂȘtre un imbĂ©cile heureux ». Quitte aussi Ă mentir et faire souffrir ? Nous nâavons envisagĂ© jusquâici que la vĂ©ritĂ© qui nous concernait, mais elle peut aussi mettre autrui en jeu. PrĂ©fĂ©rer mon bonheur Ă la vĂ©ritĂ© pour autrui est ainsi courir le risque dâĂȘtre injuste. Laisserais-je un innocent ĂȘtre accusĂ© parce que câest mieux pour moi de mentir ou de me taire ? Remarquez comment les pires dĂ©rives Ă©goĂŻstes peuvent dĂ©couler de cette position. Et quand bonheur et vĂ©ritĂ© concernent autrui ? Lâexemple le plus classique dire Ă une proche que sa ou son conjointe lela trompe. Quel est mon devoir prioritaire envers cette amie ? Lui dois-je dâabord le bonheur ou dâabord la vĂ©ritĂ© ? Je peux faire un choix qui engage la signification de lâĂȘtre pour moi-mĂȘme, mais câest impossible de faire le choix de lâĂȘtre pour autrui. Câest donc du cĂŽtĂ© de la relation elle-mĂȘme quâil faut alors chercher. On trouve chez Hegel lâidĂ©e que nous nâavons pas le devoir de tout dire Ă tout le monde, mais que les devoirs que nous avons les uns envers les autres dĂ©pendent de la nature et de la proximitĂ© de notre relation. Sans doute faut-il chercher lĂ ce que je dois Ă autrui, et ĂȘtre conscient que ce que je dĂ©ciderai alors de faire engagera la nature de notre relation. Et encore une fois un titre accrocheur, qui ne remplit pas ses promesses. Le bonheur par la raison » Ă©tait-il donnĂ© en sous-titre, mais câest trĂšs indirectement que lâon trouvera un quelconque rapport avec le bonheur en ces pages. Câest mĂȘme Ă peine si on nous parle de Leibniz. Un titre plus honnĂȘte aurait Ă©tĂ© pourquoi le systĂšme de Spinoza, dâaprĂšs M. Ferry, ne tient pas ». Cela dit, mis Ă part la dĂ©ception que ressentira tout auditeur de ce CD qui espĂ©rait en apprendre sur le bonheur chez Leibniz et chez Spinoza, il restera pour les amateurs de philosophie, 1h15 de cours consacrĂ© Ă une certaine lecture de Spinoza plutĂŽt agrĂ©able Ă Ă©couter. VoilĂ a contrario, 3 CD qui tiennent leurs promesses, car câest bien de bonheur et uniquement de bonheur que nous dissertons ici. Le premier CD est tenu par AndrĂ© Comte-Sponville, vous y retrouverez pour lâessentiel lâexposĂ© qui avait fait lâobjet dâun petit ouvrage Le bonheur dĂ©sespĂ©rĂ©ment. Le deuxiĂšme CD contient lâexposĂ© de François Jullien, spĂ©cialiste de la pensĂ©e chinoise. Le troisiĂšme est consacrĂ© aux questions que sâadressent les deux invitĂ©s. LâexposĂ© dâAndrĂ© Comte-Sponville est trĂšs clair et pĂ©dagogique. Il soutient, en visitant entre autres Platon et Spinoza, que le bonheur risque fort de nous Ă©chapper tant que nous en faisons un but, et que notre chance de le retrouver est dâen faire non pas un but mais une expĂ©rience. LâexposĂ© de François Jullien sera plus difficile dâaccĂšs si vous nâavez pas de bagage philosophique, mais il est particuliĂšrement intĂ©ressant et vaut la peine que vous vous accrochiez un peu si besoin est. On y apprend notamment que la Chine nâa pas pensĂ© le bonheur comme la pensĂ©e indo-europĂ©enne a pu le faire. La Chine nâa en effet pas construit dâopposition entre bonheur et malheur, elle nâa pas non plus Ă©laborĂ© de concepts dâĂąme, de corps ou de finalitĂ©, pas dâontologie en Chine, pas de pensĂ©e de lâĂȘtre, de pensĂ©e du manque ni de pensĂ©e de lâĂ©ternitĂ©. Toutes les questions fondamentales de la GrĂšce nâont pas Ă©tĂ© pensĂ©es en Chine. Câest donc une vision tout Ă fait diffĂ©rente que François Jullien dĂ©roule sous nos yeux. On regrette de ne pas en apprendre plus et vous aurez sĂ»rement, comme moi, lâenvie de creuser la question. Le dernier CD est Ă rĂ©server aux initiĂ©s, sautez-le sans regrets si vous vous sentez larguĂ©, le plus intĂ©ressant de lâenregistrement nâest pas lĂ . Blaise Pascal 1623-1662 est Ă la fois mathĂ©maticien et moraliste. Comme mathĂ©maticien, il invente Ă 19 ans la pascaline » premiĂšre machine Ă calculer, prouve la pression de lâair, invente le concept dâespĂ©rance en probabilitĂ©s⊠DĂ©jĂ rapprochĂ© de la religion chrĂ©tienne Ă la mort de son pĂšre, il connaĂźt une nuit dâextase mystique le 23 novembre 1654. DĂšs lors, Pascal se consacre Ă une apologie de la religion chrĂ©tienne. Il est plus difficile de tirer une conception unifiĂ©e du bonheur chez Pascal, compte tenu du caractĂšre fragmentaire et incomplet des PensĂ©es. Ce quâon peut remarquer cependant, au fil des extraits, est le caractĂšre tragique que prend le bonheur chez Pascal. En effet, tout en disant que le bonheur est recherchĂ© par tout le monde, quâil est le motif de toutes les actions de lâhomme, jusquâĂ ceux qui vont se pendre »[1], il affirme en mĂȘme temps, de façon certes Lire la suite â DĂšs sa publication, lâexpĂ©rience de pensĂ©e de Nozick a suscitĂ© de nombreux commentaires dans le monde acadĂ©mique. Lâimmense majoritĂ© des gens ne se brancheraient pas. Dâabord, et câest lâangle sous lequel la majoritĂ© des objections ont Ă©tĂ© apportĂ©es il semble que nous ayons une prĂ©fĂ©rence naturelle » pour la vĂ©ritĂ©. La majoritĂ© des personnes interrogĂ©es faites lâexpĂ©rience semble avoir une rĂ©pugnance premiĂšre pour un bonheur qui ne serait quâillusion, mĂȘme si nous nâavons pas conscience de lâillusion. Quelles explications pouvons-nous donner Ă cela ? Si je prĂ©fĂšre le bonheur Ă la vĂ©ritĂ©, alors ce bonheur devient autocentrĂ© et stĂ©rile. Je suis heureux dans mon rĂ©servoir, certes, mais ce bonheur ne concerne que moi, ma vie ne laissera aucune trace dans le monde, je ne contribuerai au bonheur de personne ni au malheur de personne dâailleurs, je ne participerai Ă aucune crĂ©ation, aucun dĂ©bat, aucune avancĂ©e. Tout se fera sans moi. Si par contre je choisis de ne pas me brancher, alors certes ma vie ne sera pas aussi parfaite, mais elle aura un impact sur le monde. Je serai lĂ pour mes proches, je peux changer les choses, bref, je serai en lien avec le monde et y serai un ĂȘtre humain responsable. Câest donc aussi entre une vie imparfaite et engagĂ©e ou une vie heureuse mais dĂ©sengagĂ©e quâon me propose de choisir. Jâajoute ici mon grain de sel au dĂ©bat remarquez que lâexpĂ©rience de pensĂ©e suppose quâon vous offre la possibilitĂ© de vous brancher quand vous voulez. Ce qui signifie que le sujet est comme vous et moi, il nâa pas la connaissance de ce que sera effectivement sa vraie » vie future. Le choix est donc entre une vie heureuse Ă coup sĂ»r et une vie qui reste encore Ă vivre et Ă Ă©crire. Le choix nâest donc pas quâentre bonheur et vĂ©ritĂ©, il est aussi entre bonheur maximal assurĂ© et bonheur incertain mais quâon espĂšre pas trop mal quand mĂȘme et qui surtout sera mon Ćuvre. Ma seule façon de me connaĂźtre, de savoir qui je suis et de quoi je suis capable, câest de me coltiner au monde. Je risque de me faire broyer, certes, je risque le malheur, mais câest la seule façon de rĂ©pondre Ă la question qui suis-je ? ». Si je me branche, je ne le saurai jamais. Le choix est donc aussi entre bonheur absolu mais passif ou bonheur espĂ©rĂ© et actif. Par consĂ©quent, se brancher ou non signifie aussi choisir entre illusion et connaissance de soi. Au final, si le but de la vie Ă©tait vraiment dâĂȘtre heureux, si le bonheur, tel que nous le disaient les grecs, reprĂ©sentait effectivement le Souverain Bien, alors nous devrions tous choisir sans hĂ©siter de nous brancher. Si la majoritĂ© des gens choisiraient de ne pas le faire, câest peut-ĂȘtre lĂ lâindice que le bonheur nâest finalement pas leur absolue prioritĂ© dans la vie. Certes nous le recherchons, mais peut-ĂȘtre pas Ă nâimporte quel prix. DĂšs lors, chacun peut ĂȘtre renvoyĂ© Ă lâexamen de sa propre Ă©chelle de valeur et de son propre systĂšme de prioritĂ©s quel prix serais-je prĂȘte Ă payer pour mon bonheur ? Vaut-il que je lui sacrifie ma libertĂ©, ma responsabilitĂ© ou autres choses ? Quand devient-il trop cher payĂ© ? Je vous laisse sur cette rĂ©flexion. Jâaimerais pour cette semaine soumettre Ă votre rĂ©flexion une expĂ©rience de pensĂ©e trĂšs cĂ©lĂšbre parmi les philosophes, issue dâun ouvrage du philosophe amĂ©ricain contemporain Robert Nozick Anarchy, State, and Utopia[1]. Supposez quâil existe une machine Ă expĂ©rience qui soit en mesure de vous faire vivre nâimporte quelle expĂ©rience que vous souhaitez. Des neuropsychologues excellant dans la duperie pourraient stimuler votre cerveau de telle sorte que vous croiriez et sentiriez que vous ĂȘtes en train dâĂ©crire un grand roman, de vous lier dâamitiĂ©, ou de lire un livre intĂ©ressant. Tout ce temps-lĂ , vous seriez en train de flotter dans un rĂ©servoir, des Ă©lectrodes fixĂ©es Ă votre crĂąne. Faudrait-il que vous branchiez cette machine Ă vie, Ă©tablissant dâavance un programme des expĂ©riences de votre existence ? » On vous propose donc de vous brancher Ă une machine, capable de vous faire vivre votre vie idĂ©ale. Tout ce que vous pourriez vouloir vous sera procurĂ©, le bonheur est Ă portĂ©e de main. LâinconvĂ©nient est que tout cela sera faux, mais vous nâen saurez rien et pouvez choisir de ne jamais rien en savoir. Vous brancheriez-vous ? LâexpĂ©rience de pensĂ©e de Nozick, 25 ans avant Matrix[2], vise bien sĂ»r Ă nous mettre face Ă un dilemme. Faut-il prĂ©fĂ©rer le bonheur Ă la vĂ©ritĂ©, ou la vĂ©ritĂ© au bonheur ? Remarquez quâil ne sâagit pas dâopposer vĂ©ritĂ© et plaisirs, mais bien vĂ©ritĂ© et bonheur. En effet, la machine de Nozick nâest pas quâune machine Ă plaisirs. Si ma conception du bonheur est une succession sans fin de plaisirs assouvis, alors je programmerai la machine en ce sens et elle me donnera ce que je souhaite. Si ma conception est diffĂ©rente, si je dose subtilement revers et succĂšs pour me faire mieux apprĂ©cier les seconds, que je me fournis un appĂ©tit dâogre pour la vie, que je programme la rĂ©alisation dâune grande Ćuvre ou quoi que ce soit dâautre qui correspond trĂšs exactement Ă mon idĂ©e de bonheur, alors la machine le donnera Ă©galement. Et mĂȘme, on peut admettre pour pousser lâexpĂ©rience de pensĂ©e, que je nâai pas besoin de programmer la machine Ă lâavance et quâelle est capable de sâadapter en cours de route, voire de prĂ©venir mes dĂ©sirs pour me fournir ma vie idĂ©ale. Câest donc bien entre une certitude de bonheur maximal et une vie imparfaite, franchement malheureuse peut-ĂȘtre, mais vraie » que je peux choisir. Je vous laisse rĂ©flĂ©chir Ă la question et aux enjeux que vous y voyez, car le choix ne se rĂ©sume Ă©videmment pas Ă une alternative entre bonheur et vĂ©ritĂ©. Je vous retrouve la semaine prochaine pour vous proposer un topo des dĂ©bats que cette expĂ©rience a provoquĂ© chez les philosophes de mĂ©tier. [1] Nozick, R., Anarchy, state, and Utopia, New-York Basic Book, 1974, et en français Anarchie, Etat et Utopie, trad. E. dâAuzac de Larmartine & Dauzat, Paris, PUF, 1988, pp. 65-67 â Une expĂ©rience de pensĂ©e similaire se trouve chez Hilary Putman dans Raison, VĂ©ritĂ© et Histoire 1981 [2] Matrix La Matrice au Qc et N-B est un film de Lana Wachowski 1999, dans lequel tous les humains ou presque vivent dans la Matrice, sorte de super machine de Nozick ». Un personnage NĂ©o se voit offrir un choix entre deux pilules avec la bleue, il retourne dans la Matrice faire de beaux rĂȘves, avec la rouge il en sort et vit sa vraie » vie. Ce petit opus est la transcription dâune confĂ©rence donnĂ©e en 1999 souvent reprise et suivie par une pĂ©riode de questions du public, elles aussi retranscrites. Dans un premier temps, Comte-Sponville sâinterroge sur les raisons pour lesquelles nous sommes si peu ou si difficilement heureux. Câest quâil semble y avoir, dans le bonheur lui-mĂȘme, une contradiction logique. Tout homme dĂ©sire ĂȘtre heureux. Or, la nature du dĂ©sir semble nous condamner au tragique le dĂ©sir est manque si bien que tout dĂ©sir comblĂ© disparaĂźt bientĂŽt comme dĂ©sir ; ce quâon vient dâobtenir ne nous intĂ©resse dĂ©jĂ plus, lâennui point. Ce que je dĂ©sirais, et qui devait faire mon bonheur, déçoit ; le bonheur lui-mĂȘme que je dĂ©sire, lorsque je lâatteins, mâennuie. Le bonheur, coincĂ© entre les oscillations du dĂ©sir et de lâennui, nâest donc que fugacement entraperçu et au final, perpĂ©tuellement manquĂ©. Ne peut-on dĂ©sirer ce quâon a, et donc ĂȘtre heureux ? Oui, rĂ©pond Compte-Sponville, mais alors il faut ramener le bonheur du cĂŽtĂ© de la joie et du plaisir. Lâerreur, quand on dĂ©finit le dĂ©sir comme manque, câest de lâassimiler Ă lâespĂ©rance. EspĂ©rer, selon Compte-Sponville, revient Ă dĂ©sirer sans savoir on ignore lâissue de notre espĂ©rance, sans pouvoir on nâespĂšre que ce qui ne dĂ©pend pas de nous et sans jouir la jouissance est sans cesse ajournĂ©e. Or, tout le dĂ©sir nâest pas espĂ©rance. Il suffit donc dâĂ©carter, dans notre dĂ©sir de bonheur ou dans notre dĂ©sir vers le bonheur, tout ce qui relĂšve de lâespĂ©rance. Ceci distinguĂ©, il est Ă©vident â et mĂȘme souhaitable â quâon peut dĂ©sirer ce quâon sait, ce quâon peut, ce quâon a, bref, ce qui dĂ©pend de nous, et que nous pouvons nous en rĂ©jouir. Câest donc par lĂ quâil y a un bonheur possible en actes. Le bonheur dĂ©sespĂ©rĂ©, câest donc un bonheur qui enracine son dĂ©sir dans le prĂ©sent en sâĂ©tant dĂ©barrassĂ© du tragique de lâespĂ©rance. Atteindre la souveraine fĂ©licitĂ© »[1], chez Descartes, demande de chercher en nous-mĂȘmes. Les Ăąmes vulgaires » se fourvoient en attendant le bonheur de biens extĂ©rieurs. Certes, les honneurs, les richesses ou la santĂ© sont des biens, et les possĂ©der favorise le bonheur. Lâhomme gĂątĂ© par le sort peut bien ĂȘtre heureux. Mais parce que ces biens ne dĂ©pendent pas de nous, ce nâest quâun bonheur en sursis. Ayant peut-ĂȘtre moins quâun autre Ă©tĂ© Lire la suite â
avons nous le devoir de chercher la verite