🐎 Il Me Regarde De La TĂȘte Au Pied

Prendresoin de ses petits pieds de maniĂšre simple, avec se que l'on a dans ses placards, je vous explique toutSite Web Mili et une beautĂ© : https://www. Providedto YouTube by Believe SASDe la tĂȘte au pied · Bruno Tocanne, BenoĂźt Keller, Lionel Martin (Tocanne Trio)RĂ©sistances℗ imuzzicReleased on: 2014-07-22A Douleursde la tĂȘte jusqu au pieds. j ai 22 ans et je de nombreuses douleurs sur tout le corp, au dĂ©but j'avais trĂšs mal Ă  la machoire ainsi qu'aux cervicales, j'ai consultĂ© un rhumatologue qui m'a fait de nombreux examens (radio des sinus, des cervicales, de la machoire et des prises de sang, tout Ă©tait normale.Ensuite il m'a prescrit du LessymptĂŽmes qui doivent alerter : une crampe sous la voĂ»te plantaire ou le talon. C’est caractĂ©ristique d’une aponĂ©vrosite. Cette douleur Iln'y avait pas un homme dans tout IsraĂ«l aussi renommĂ© qu'Absalom pour sa beautĂ©; depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tĂȘte, il n'y avait point en lui de dĂ©faut. Job 2:7 Et Satan se retira de devant la face de l'Eternel. Puis il frappa Job d'un ulcĂšre malin, depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tĂȘte. Psaume 38:3 Manytranslated example sentences containing "regarde de la tĂȘte au pied" – English-French dictionary and search engine for English translations. Look up in Linguee; Suggest as a translation of "regarde de la tĂȘte au pied" Copy; DeepL Translator Linguee. EN. Open menu. Translator. Translate texts with the world's best machine translation technology, developed by Surle chapitre du roi en morceaux, la tĂȘte, la jambe et le pied sont traitĂ©s dans une perspective essentiellement historicisante, s’attachant ainsi Ă  en retrouver le sens Ă  travers les reprĂ©sentations Ă©crites, cĂ©rĂ©monielles et iconiques 20. L’anatomie royale relĂšverait alors avant tout d’une symbologie de l’autoritĂ©. Jeviens d'aller chercher loulou dans son lit et que vois-je un loulou la tĂȘte au pied sur le ventre du coup je sais pas BrascroisĂ©s, pieds rentrĂ©s vers l’intĂ©rieur, tĂȘte baissĂ©e Votre façon de marcher en dit long sur votre personnalitĂ©. DĂ©cryptage. Y67d. 2MZ, 2MZ Au pied d’ma tour LibĂ©rez la 2MZ Au pied d’ma tour j’voyais des kils Ouais des kils, ouais des kils, ouais des kils Au pied d’ma tour d’l’argent facile l’argent facile RĂȘve de gosse fallait qu’j’me dĂ©cide Qu’j’me dĂ©cide, qu’j’me dĂ©cide, qu’j’me dĂ©cide Au pied d’ma tour ouais ouais Au pied d’ma tour nan nan [Lazer] On a traĂźnĂ© dans la tess, vu des tonnes de CRS Des frĂšres bĂ©s-tom pour des piĂšces C’est pour ça qu’on est les bests Pendant qu’tu tapais dans la cess Les tits-pe ont repris l’tieks C’est pour ça qu’tu perds la tĂȘte, tu perds la tĂȘte Moi j’te laisse, j’ai d’autres choses Ă  faire J’ai un gang au hebs, avant d’les mettre bien J’veux voir le sourire sur les joues d’ma mĂšre Le Mal ne peut le Bien, ce que m’a dit mon frĂšre Tout l’monde veut des lovĂ©s, mais personne ne veut en faire Le gang a la dalle, Sourou doit repartir en guerre J’veux qu’les gens me respectent tous Les tits-pe veulent faire comme nous Faut qu’je quitte le pied d’ma tour LĂ  j’me dis qu’c’est Ă  notre tour Faut qu’je quitte ce foutu four MĂȘme les tits-pe veulent faire comme nous [Moha] Au pied d’ma tour, on trouve pas l’sommeil On rĂȘve de soleil, on attend l’jour de paye Comme des tigres dans la jungle on cherche l’oseille On a fait les sous, ça les rend fous Et tu tapes, tapes, tapes des mains On quitte la tour et on reprend nos chemins Au pied d’ma tour, on trouve pas l’sommeil On rĂȘve de soleil, on attend l’jour de paye Comme des tigres dans la jungle on cherche l’oseille On a fait les sous, ça les rend fous Et tu tapes, tapes, tapes des mains On quitte la tour et on reprend nos chemins [Moha] Oh Mama, j’ai trop d’problĂšmes Y’a que les rats qui m’harcĂšlent On t’visser la bonne et la belle Toi et ta gow c’est la Belle & la BĂȘte J’t’ai visser ta cons’ mais t’as pas vu ma tĂȘte T’as donnĂ©, donnĂ©, et t’as pas vu ta perte ParaĂźt qu’tu m’cherches, mais j’suis dans les Ăźles Tu veux ton tĂȘte, mais j’suis dans les Ăźles Vas-y lĂšve ton verre, quitte la tour pour t’enjailler Il m’faut du soleil quand la tour s’met Ă  cailler Woulah gros j’m’envole sur un jet t’es en vĂ©lo La vie de ma mĂšre qu’on m’écoute au comico J’fais le Mal, et j’suis comme VĂ©gĂ©ta quand j’tire dans la cabine S’fait la malle, j’sors de la tour puis j’regarde dans le vide Faut qu’j’la quitte et vite, faut qu’j’me dĂ©cide Toi t’étais mon frĂšre, mais tu m’as déçu Y’a que pour le gang que je veux faire des sous Et si t’es un ennemi bah on se tire dessus T’as donnĂ© ton cƓur elle t’a dĂ©jĂ  tej Ça l’a cassĂ©, cassĂ©, cassĂ© Bref, lui c’est ton frĂšre, il a parlĂ© sur toi Laisse parler, parler, parler Laisse parler, parler, parler, y’a LZR qu’est pĂ©tĂ©-tĂ© J’veux ĂȘtre la tĂ©lĂ©-lĂ©-lĂ©-lĂ© J’crois qu’il manque une rime en “lĂ©-lĂ©-lĂ©-lĂ©â€ [Moha] Au pied d’ma tour, on trouve pas l’sommeil On rĂȘve de soleil, on attend l’jour de paye Comme des tigres dans la jungle on cherche l’oseille On a fait les sous, ça les rend fous Et tu tapes, tapes, tapes des mains On quitte la tour et on reprend nos chemins Au pied d’ma tour, on trouve pas l’sommeil On rĂȘve de soleil, on attend l’jour de paye Comme des tigres dans la jungle on cherche l’oseille On a fait les sous, ça les rend fous Et tu tapes, tapes, tapes des mains On quitte la tour et on reprend nos chemins [Moha] Au pied d’ma tour Sourou veut les Ăźles Veut les Ăźles, veut les Ăźles, veut les Ăźles Marre de la tour Sourou quitte la ville Il quitte la ville L’argent ou le plomb, faut qu’il se dĂ©cide Se dĂ©cide, se dĂ©cide, se dĂ©cide Vesqui les problĂšmes Ă  bord d’son navire De son navire On n’est pas lĂ , pas lĂ , pas lĂ , pas lĂ -lĂ  On s’balade, balade, balade, balade, bala-lade Phuket, Phuket, Phuket, Pattaya On n’est pas lĂ , pas lĂ , pas lĂ , pas lĂ -lĂ  On s’balade, balade, balade, balade, bala-lade Phuket, Phuket, Phuket, Pattaya On n’est pas lĂ , pas lĂ , pas lĂ , pas lĂ -lĂ  Et tu tapes, tapes, tapes des mains On quitte la tour et on reprend nos chemins Paroles2Chansons dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la SociĂ©tĂ© des Editeurs et Auteurs de Musique SEAM Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-ĂȘtre hier, je ne sais pas. J'ai reçu un tĂ©lĂ©gramme de l'asile MĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e. Enterrement demain. Sentiments distinguĂ©s. » Cela ne veut rien dire. C'Ă©tait peut-ĂȘtre de vieillards est Ă  Marengo, Ă  quatre-vingts kilomĂštres d'Alger. Je prendrai l'autobus Ă  deux heures et j'arriverai dans l'aprĂšs-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandĂ© deux jours de congĂ© Ă  mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air content. Je lui ai mĂȘme dit Ce n'est pas de ma faute. » Il n'a pas rĂ©pondu. J'ai pensĂ© alors que je n'aurais pas dĂ» lui dire cela. En somme, je n'avais pas Ă  m'excuser. C'Ă©tait plutĂŽt Ă  lui de me prĂ©senter ses condolĂ©ances. Mais il le fera sans doute aprĂšs-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c'est un peu comme si maman n'Ă©tait pas morte. AprĂšs l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classĂ©e et tout aura revĂȘtu une allure plus pris l'autobus Ă  deux heures. Il faisait trĂšs chaud. J'ai mangĂ© au restaurant, chez CĂ©leste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et CĂ©leste m'a dit On n'a qu'une mĂšre. » Quand je suis parti, ils m'ont accompagnĂ© Ă  la porte. J'Ă©tais un peu Ă©tourdi parce qu'il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques couru pour ne pas manquer le dĂ©part. Cette hĂąte, cette course, c'est Ă  cause de tout cela sans doute, ajoutĂ© aux cahots, Ă  l'odeur d'essence, Ă  la rĂ©verbĂ©ration de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis rĂ©veillĂ©, j'Ă©tais tassĂ© contre un militaire qui m'a souri et qui m'a demandĂ© si je venais de loin. J'ai dit oui » pour n'avoir plus Ă  est Ă  deux kilomĂštres du village. J'ai fait le chemin Ă  pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il Ă©tait occupĂ©, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlĂ© et ensuite, j'ai vu le directeur il m'a reçu dans son bureau. C'Ă©tait un petit vieux, avec la LĂ©gion d'honneur. Il m'a regardĂ© de ses yeux clairs. Puis il m'a serrĂ© la main qu'il a gardĂ©e si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consultĂ© un dossier et m'a dit Mme Meursault est entrĂ©e ici il y a trois ans. Vous Ă©tiez son seul soutien. » J'ai cru qu'il me reprochait quelque chose et j'ai commencĂ© Ă  lui expliquer. Mais il m'a interrompu Vous n'avez pas Ă  vous justifier, mon cher enfant. J'ai lu le dossier de votre mĂšre. Vous ne pouviez subvenir Ă  ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle Ă©tait plus heureuse ici. » J'ai dit Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajoutĂ© Vous savez, elle avait des amis, des gens de son Ăąge. Elle pouvait partager avec eux des intĂ©rĂȘts qui sont d'un autre temps. Vous ĂȘtes jeune et elle devait s'ennuyer avec vous. »C'Ă©tait vrai. Quand elle Ă©tait Ă  la maison, maman passait son temps Ă  me suivre des yeux en silence. Dans les premiers jours oĂč elle Ă©tait Ă  l'asile, elle pleurait souvent. Mais c'Ă©tait Ă  cause de l'habitude. Au bout de quelques mois, elle aurait pleurĂ© si on l'avait retirĂ©e de l'asile. Toujours Ă  cause de l'habitude. C'est un peu pour cela que dans la derniĂšre annĂ©e je n'y suis presque plus allĂ©. Et aussi parce que cela me prenait mon dimanche - sans compter l'effort pour aller Ă  l'autobus, prendre des tickets et faire deux heures de directeur m'a encore parlĂ©. Mais je ne l'Ă©coutais presque plus. Puis il m'a dit Je suppose que vous voulez voir votre mĂšre. » Je me suis levĂ© sans rien dire et il m'a prĂ©cĂ©dĂ© vers la porte. Dans l'escalier, il m'a expliquĂ© Nous l'avons transportĂ©e dans notre petite morgue. Pour ne pas impressionner les autres. Chaque fois qu'un pensionnaire meurt, les autres sont nerveux pendant deux ou trois jours. Et ça rend le service difficile. » Nous avons traversĂ© une cour oĂč il y avait beaucoup de vieillards, bavardant par petits groupes. Ils se taisaient quand nous passions. Et derriĂšre nous, les conversations reprenaient. On aurait dit d'un jacassement assourdi de perruches. À la porte d'un petit bĂątiment, le directeur m'a quittĂ© Je vous laisse, monsieur Meursault. Je suis Ă  votre disposition dans mon bureau. En principe, l'enterrement est fixĂ© Ă  dix heures du matin. Nous avons pensĂ© que vous pourrez ainsi veiller la disparue. Un dernier mot votre mĂšre a, paraĂźt-il, exprimĂ© souvent Ă  ses compagnons le dĂ©sir d'ĂȘtre enterrĂ©e religieusement. J'ai pris sur moi, de faire le nĂ©cessaire. Mais je voulais vous en informer. » Je l'ai remerciĂ©. Maman, sans ĂȘtre athĂ©e, n'avait jamais pensĂ© de son vivant Ă  la suis entrĂ©. C'Ă©tait une salle trĂšs claire, blanchie Ă  la chaux et recouverte d'une verriĂšre. Elle Ă©tait meublĂ©e de chaises et de chevalets en forme de X. Deux d'entre eux, au centre, supportaient une biĂšre recouverte de son couvercle. On voyait seulement des vis brillantes, Ă  peine enfoncĂ©es, se dĂ©tacher sur les planches passĂ©es au brou de noix. PrĂšs de la biĂšre, il y avait une infirmiĂšre arabe en sarrau blanc, un foulard de couleur vive sur la ce moment, le concierge est entrĂ© derriĂšre mon dos. Il avait dĂ» courir. Il a bĂ©gayĂ© un peu On l'a couverte, mais je dois dĂ©visser la biĂšre pour que vous puissiez la voir. » Il s'approchait de la biĂšre quand je l'ai arrĂȘtĂ©. Il m'a dit Vous ne voulez pas ? » J'ai rĂ©pondu Non. » Il s'est interrompu et j'Ă©tais gĂȘnĂ© parce que je sentais que je n'aurais pas dĂ» dire cela. Au bout d'un moment, il m'a regardĂ© et il m'a demandĂ© Pourquoi ? » mais sans reproche, comme s'il s'informait. J'ai dit Je ne sais pas. » Alors tortillant sa moustache blanche, il a dĂ©clarĂ© sans me regarder Je comprends. » Il avait de beaux yeux, bleu clair, et un teint un peu rouge. Il m'a donnĂ© une chaise et lui-mĂȘme s'est assis un peu en arriĂšre de moi. La garde s'est levĂ©e et s'est dirigĂ©e vers la sortie. À ce moment, le concierge m'a dit C'est un chancre qu'elle a. » Comme je ne comprenais pas, j'ai regardĂ© l'infirmiĂšre et j'ai vu qu'elle portait sous les yeux un bandeau qui faisait le tour de la tĂȘte. À la hauteur du nez, le bandeau Ă©tait plat. On ne voyait que la blancheur du bandeau dans son elle est partie, le concierge a parlĂ© Je vais vous laisser seul. » Je ne sais pas quel geste j'ai fait, mais il est restĂ©, debout derriĂšre moi. Cette prĂ©sence dans mon dos me gĂȘnait. La piĂšce Ă©tait pleine d'une belle lumiĂšre de fin d'aprĂšs-midi. Deux frelons bourdonnaient contre la verriĂšre. Et je sentais le sommeil me gagner. J'ai dit au concierge, sans me retourner vers lui Il y a longtemps que vous ĂȘtes lĂ  ? »ImmĂ©diatement il a rĂ©pondu Cinq ans » - comme s'il avait attendu depuis toujours ma il a beaucoup bavardĂ©. On l'aurait bien Ă©tonnĂ© en lui disant qu'il finirait concierge Ă  l'asile de Marengo. Il avait soixante-quatre ans et il Ă©tait Parisien. À ce moment je l'ai interrompu Ah, vous n'ĂȘtes pas d'ici ? » Puis je me suis souvenu qu'avant de me conduire chez le directeur, il m'avait parlĂ© de maman. Il m'avait dit qu'il fallait l'enterrer trĂšs vite, parce que dans la plaine il faisait chaud, surtout dans ce pays. C'est alors qu'il m'avait appris qu'il avait vĂ©cu Ă  Paris et qu'il avait du mal Ă  l'oublier. À Paris, on reste avec le mort trois, quatre jours quelquefois. Ici on n'a pas le temps, on ne s'est pas fait Ă  l'idĂ©e que dĂ©jĂ  il faut courir derriĂšre le corbillard. Sa femme lui avait dit alors Tais-toi, ce ne sont pas des choses Ă  raconter Ă  Monsieur. »Le vieux avait rougi et s'Ă©tait excusĂ©. J'Ă©tais intervenu pour dire Mais non. Mais non. » Je trouvais ce qu'il racontait juste et la petite morgue, il m'a appris qu'il Ă©tait entrĂ© Ă  l'asile comme indigent. Comme il se sentait valide, il s'Ă©tait proposĂ© pour cette place de concierge. Je lui ai fait remarquer qu'en somme il Ă©tait un pensionnaire. Il m'a dit que non. J'avais dĂ©jĂ  Ă©tĂ© frappĂ© par la façon qu'il avait de dire ils », les autres », et plus rarement les vieux », en parlant des pensionnaires dont certains n'Ă©taient pas plus ĂągĂ©s que lui. Mais naturellement, ce n'Ă©tait pas la mĂȘme chose. Lui Ă©tait concierge, et, dans une certaine mesure, il avait des droits sur garde est entrĂ©e Ă  ce moment. Le soir Ă©tait tombĂ© brusquement. TrĂšs vite, la nuit s'Ă©tait Ă©paissie au-dessus de la verriĂšre. Le concierge a tournĂ© le commutateur et j'ai Ă©tĂ© aveuglĂ© par l'Ă©claboussement soudain de la lumiĂšre. Il m'a invitĂ© Ă  me rendre au rĂ©fectoire pour dĂźner. Mais je n'avais pas faim. Il m'a offert alors d'apporter une tasse de cafĂ© au lait. Comme j'aime beaucoup le cafĂ© au lait, j'ai acceptĂ© et il est revenu un moment aprĂšs avec un plateau. J'ai bu. J'ai eu alors envie de fumer. Mais j'ai hĂ©sitĂ© parce que je ne savais pas si je pouvais le faire devant maman. J'ai rĂ©flĂ©chi, cela n'avait aucune importance. J'ai offert une cigarette au concierge et nous avons un moment, il m'a dit Vous savez, les amis de Madame votre mĂšre vont venir la veiller aussi. C'est la coutume. Il faut que j'aille chercher des chaises et du cafĂ© noir. » Je lui ai demandĂ© si on pouvait Ă©teindre une des lampes. L'Ă©clat de la lumiĂšre sur les murs blancs me fatiguait. Il m'a dit que ce n'Ă©tait pas possible. L'installation Ă©tait ainsi faite c'Ă©tait tout ou rien. Je n'ai plus beaucoup fait attention Ă  lui. Il est sorti, est revenu, a disposĂ© des chaises. Sur l'une d'elles, il a empilĂ© des tasses autour d'une cafetiĂšre. Puis il s'est assis en face de moi, de l'autre cĂŽtĂ© de maman. La garde Ă©tait aussi au fond, le dos tournĂ©. Je ne voyais pas ce qu'elle faisait. Mais au mouvement de ses bras, je pouvais croire qu'elle tricotait. Il faisait doux, le cafĂ© m'avait rĂ©chauffĂ© et par la porte ouverte entrait une odeur de nuit et de fleurs. Je crois que j'ai somnolĂ© un un frĂŽlement qui m'a rĂ©veillĂ©. D'avoir fermĂ© les yeux, la piĂšce m'a paru encore plus Ă©clatante de blancheur. Devant moi, il n'y avait pas une ombre et chaque objet, chaque angle, toutes les courbes se dessinaient avec une puretĂ© blessante pour les yeux. C'est Ă  ce moment que les amis de maman sont entrĂ©s. Ils Ă©taient en tout une dizaine, et ils glissaient en silence dans cette lumiĂšre aveuglante. Ils se sont assis sans qu'aucune chaise grinçùt. Je les voyais comme je n'ai jamais vu personne et pas un dĂ©tail de leurs visages ou de leurs habits ne m'Ă©chappait. Pourtant je ne les entendais pas et j'avais peine Ă  croire Ă  leur rĂ©alitĂ©. Presque toutes les femmes portaient un tablier et le cordon qui les serrait Ă  la taille faisait encore ressortir leur ventre bombĂ©. Je n'avais encore jamais remarquĂ© Ă  quel point les vieilles femmes pouvaient avoir du ventre. Les hommes Ă©taient presque tous trĂšs maigres et tenaient des cannes. Ce qui me frappait dans leurs visages, c'est que je ne voyais pas leurs yeux, mais seulement une lueur sans Ă©clat au milieu d'un nid de rides. Lorsqu'ils se sont assis, la plupart m'ont regardĂ© et ont hochĂ© la tĂȘte avec gĂȘne, les lĂšvres toutes mangĂ©es par leur bouche sans dents, sans que je puisse savoir s'ils me saluaient ou s'il s'agissait d'un tic. Je crois plutĂŽt qu'ils me saluaient. C'est Ă  ce moment que je me suis aperçu qu'ils Ă©taient tous assis en face de moi Ă  dodeliner de la tĂȘte, autour du concierge. J'ai eu un moment l'impression ridicule qu'ils Ă©taient lĂ  pour me aprĂšs, une des femmes s'est mise Ă  pleurer. Elle Ă©tait au second rang, cachĂ©e par une de ses compagnes, et je la voyais mal. Elle pleurait Ă  petits cris, rĂ©guliĂšrement il me semblait qu'elle ne s'arrĂȘterait jamais. Les autres avaient l'air de ne pas l'entendre. Ils Ă©taient affaissĂ©s, mornes et silencieux. Ils regardaient la biĂšre ou leur canne, ou n'importe quoi, mais ils ne regardaient que cela. La femme pleurait toujours. J'Ă©tais trĂšs Ă©tonnĂ© parce que je ne la connaissais pas. J'aurais voulu ne plus l'entendre. Pourtant je n'osais pas le lui dire. Le concierge s'est penchĂ© vers elle, lui a parlĂ©, mais elle a secouĂ© la tĂȘte, a bredouillĂ© quelque chose, et a continuĂ© de pleurer avec la mĂȘme rĂ©gularitĂ©. Le concierge est venu alors de mon cĂŽtĂ©. Il s'est assis prĂšs de moi. AprĂšs un assez long moment, il m'a renseignĂ© sans me regarder Elle Ă©tait trĂšs liĂ©e avec Madame votre mĂšre. Elle dit que c'Ă©tait sa seule amie ici et que maintenant elle n'a plus personne. »Nous sommes restĂ©s un long moment ainsi. Les soupirs et les sanglots de la femme se faisaient plus rares. Elle reniflait beaucoup. Elle s'est tue enfin. Je n'avais plus sommeil, mais j'Ă©tais fatiguĂ© et les reins me faisaient mal. À prĂ©sent c'Ă©tait le silence de tous ces gens qui m'Ă©tait pĂ©nible. De temps en temps seulement, j'entendais un bruit singulier et je ne pouvais comprendre ce qu'il Ă©tait. À la longue, j'ai fini par deviner que quelques-uns d'entre les vieillards suçaient l'intĂ©rieur de leurs joues et laissaient Ă©chapper ces clappements bizarres. Ils ne s'en apercevaient pas tant ils Ă©taient absorbĂ©s dans leurs pensĂ©es. J'avais mĂȘme l'impression que cette morte, couchĂ©e au milieu d'eux, ne signifiait rien Ă  leurs yeux. Mais je crois maintenant que c'Ă©tait une impression avons tous pris du cafĂ©, servi par le concierge. Ensuite, je ne sais plus. La nuit a passĂ©. Je me souviens qu'Ă  un moment j'ai ouvert les yeux et j'ai vu que les vieillards dormaient tassĂ©s sur eux-mĂȘmes, Ă  l'exception d'un seul qui, le menton sur le dos de ses mains agrippĂ©es Ă  la canne, me regardait fixement comme s'il n'attendait que mon rĂ©veil. Puis j'ai encore dormi. Je me suis rĂ©veillĂ© parce que j'avais de plus en plus mal aux reins. Le jour glissait sur la verriĂšre. Peu aprĂšs, l'un des vieillards s'est rĂ©veillĂ© et il a beaucoup toussĂ©. Il crachait dans un grand mouchoir Ă  carreaux et chacun de ses crachats Ă©tait comme un arrachement. Il a rĂ©veillĂ© les autres et le concierge a dit qu'ils devraient partir. Ils se sont levĂ©s. Cette veille incommode leur avait fait des visages de cendre. En sortant, et Ă  mon grand Ă©tonnement, ils m'ont tous serrĂ© la main - comme si cette nuit oĂč nous n'avions pas Ă©changĂ© un mot avait accru notre fatiguĂ©. Le concierge m'a conduit chez lui et j'ai pu faire un peu de toilette. J'ai encore pris du cafĂ© au lait qui Ă©tait trĂšs bon. Quand je suis sorti, le jour Ă©tait complĂštement levĂ©. Au-dessus des collines qui sĂ©parent Marengo de la mer, le ciel Ă©tait plein de rougeurs. Et le vent qui passait au-dessus d'elles apportait ici une odeur de sel. C'Ă©tait une belle journĂ©e qui se prĂ©parait. Il y avait longtemps que j'Ă©tais allĂ© Ă  la campagne et je sentais quel plaisir j'aurais pris Ă  me promener s'il n'y avait pas eu j'ai attendu dans la cour, sous un platane. Je respirais l'odeur de la terre fraĂźche et je n'avais plus sommeil. J'ai pensĂ© aux collĂšgues du bureau. À cette heure, ils se levaient pour aller au travail pour moi c'Ă©tait toujours l'heure la plus difficile. J'ai encore rĂ©flĂ©chi un peu Ă  ces choses, mais j'ai Ă©tĂ© distrait par une cloche qui sonnait Ă  l'intĂ©rieur, des bĂątiments. Il y a eu du remue-mĂ©nage derriĂšre les fenĂȘtres, puis tout s'est calmĂ©. Le soleil Ă©tait montĂ© un peu plus dans le ciel il commençait Ă  chauffer mes pieds. Le concierge a traversĂ© la cour et m'a dit que le directeur me demandait. Je suis allĂ© dans son bureau. Il m'a fait signer un certain nombre de piĂšces. J'ai vu qu'il Ă©tait habillĂ© de noir avec un pantalon rayĂ©. Il a pris le tĂ©lĂ©phone en main et il m'a interpellĂ© Les employĂ©s des pompes funĂšbres sont lĂ  depuis un moment. Je vais leur demander de venir fermer la biĂšre. Voulez-vous auparavant voir votre mĂšre une derniĂšre fois ? » J'ai dit non. Il a ordonnĂ© dans le tĂ©lĂ©phone en baissant la voix Figeac, dites aux hommes qu'ils peuvent aller. »Ensuite il m'a dit qu'il assisterait Ă  l'enterrement et je l'ai remerciĂ©. Il s'est assis derriĂšre son bureau, il a croisĂ© ses petites jambes. Il m'a averti que moi et lui serions seuls, avec l'infirmiĂšre de service. En principe, les pensionnaires ne devaient pas assister aux enterrements. Il les laissait seulement veiller C'est une question d'humanitĂ© », a-t-il remarquĂ©. Mais en l'espĂšce, il avait accordĂ© l'autorisation de suivre le convoi Ă  un vieil ami de maman Thomas PĂ©rez. » Ici, le directeur a souri. Il m'a dit Vous comprenez, c'est un sentiment un peu puĂ©ril. Mais lui et votre mĂšre ne se quittaient guĂšre. À l'asile, on les plaisantait, on disait Ă  PĂ©rez C'est votre fiancĂ©e. » Lui riait. Ça leur faisait plaisir. Et le fait est que la mort de Mme Meursault l'a beaucoup affectĂ©. Je n'ai pas cru devoir lui refuser l'autorisation. Mais sur le conseil du mĂ©decin visiteur, je lui ai interdit la veillĂ©e d'hier. »Nous sommes restĂ©s silencieux assez longtemps. Le directeur s'est levĂ© et a regardĂ© par la fenĂȘtre de son bureau. À un moment, il a observĂ© VoilĂ  dĂ©jĂ  le curĂ© de Marengo. Il est en avance. » Il m'a prĂ©venu qu'il faudrait au moins trois quarts d'heure de marche pour aller Ă  l'Ă©glise qui est au village mĂȘme. Nous sommes descendus. Devant le bĂątiment, il y avait le curĂ© et deux enfants de chƓur. L'un de ceux-ci tenait un encensoir et le prĂȘtre se baissait vers lui pour rĂ©gler la longueur de la chaĂźne d'argent. Quand nous sommes arrivĂ©s, le prĂȘtre s'est relevĂ©. Il m'a appelĂ© mon fils » et m'a dit quelques mots. Il est entrĂ© ; je l'ai vu d'un coup que les vis de la biĂšre Ă©taient enfoncĂ©es et qu'il y avait quatre hommes noirs dans la piĂšce. J'ai entendu en mĂȘme temps le directeur me dire que la voiture attendait sur la route et le prĂȘtre commencer ses priĂšres. À partir de ce moment, tout est allĂ© trĂšs vite. Les hommes se sont avancĂ©s vers la biĂšre avec un drap. Le prĂȘtre, ses suivants, le directeur et moi-mĂȘme sommes sortis. Devant la porte, il y avait une dame que je ne connaissais pas M. Meursault », a dit le directeur. Je n'ai pas entendu le nom de cette dame et j'ai compris seulement qu'elle Ă©tait infirmiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e. Elle a inclinĂ© sans un sourire son visage osseux et long. Puis nous nous sommes rangĂ©s pour laisser passer le corps. Nous avons suivi les porteurs et nous sommes sortis de l'asile. Devant la porte, il y avait la voiture. Vernie, oblongue et brillante, elle faisait penser Ă  un plumier. À cĂŽtĂ© d'elle, il y avait l'ordonnateur, petit homme aux habits ridicules, et un vieillard Ă  l'allure empruntĂ©e. J'ai compris que c'Ă©tait M. PĂ©rez. Il avait un feutre mou Ă  la calotte ronde et aux ailes larges il l'a ĂŽtĂ© quand la biĂšre a passĂ© la porte, un costume dont le pantalon tirebouchonnait sur les souliers et un nƓud d'Ă©toffe noire trop petit pour sa chemise Ă  grand col blanc. Ses lĂšvres tremblaient au-dessous d'un nez truffĂ© de points noirs. Ses cheveux blancs assez fins laissaient passer de curieuses oreilles ballantes et mal ourlĂ©es dont la couleur rouge sang dans ce visage blafard me frappa. L'ordonnateur nous donna nos places. Le curĂ© marchait en avant, puis la voiture. Autour d'elle, les quatre hommes. DerriĂšre, le directeur, moi-mĂȘme et, fermant la marche, l'infirmiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e et M. ciel Ă©tait dĂ©jĂ  plein de soleil. Il commençait Ă  peser sur la terre et la chaleur augmentait rapidement. Je ne sais pas pourquoi nous avons attendu assez longtemps avant de nous mettre en marche. J'avais chaud sous mes vĂȘtements sombres. Le petit vieux, qui s'Ă©tait recouvert, a de nouveau ĂŽtĂ© son chapeau. Je m'Ă©tais un peu tournĂ© de son cĂŽtĂ©, et je le regardais lorsque le directeur m'a parlĂ© de lui. Il m'a dit que souvent ma mĂšre et M. PĂ©rez allaient se promener le soir jusqu'au village, accompagnĂ©s d'une infirmiĂšre. Je regardais la campagne autour de moi. À travers les lignes de cyprĂšs qui menaient aux collines prĂšs du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinĂ©es, je comprenais maman. Le soir, dans ce pays, devait ĂȘtre comme une trĂȘve mĂ©lancolique. Aujourd'hui, le soleil dĂ©bordant qui faisait tressaillir le paysage le rendait inhumain et nous sommes mis en marche. C'est Ă  ce moment que je me suis aperçu que PĂ©rez claudiquait lĂ©gĂšrement. La voiture, peu Ă  peu, prenait de la vitesse et le vieillard perdait du terrain. L'un des hommes qui entouraient la voiture s'Ă©tait laissĂ© dĂ©passer aussi et marchait maintenant Ă  mon niveau. J'Ă©tais surpris de la rapiditĂ© avec laquelle le soleil montait dans le ciel. Je me suis aperçu qu'il y avait dĂ©jĂ  longtemps que la campagne bourdonnait du chant des insectes et de crĂ©pitements d'herbe. La sueur coulait sur mes joues. Comme je n'avais pas de chapeau, je m'Ă©ventais avec mon mouchoir. L'employĂ© des pompes funĂšbres m'a dit alors quelque chose que je n'ai pas entendu. En mĂȘme temps, il s'essuyait le crĂąne avec un mouchoir qu'il tenait dans sa main gauche, la main droite soulevant le bord de sa casquette. Je lui ai dit Comment ? »Il a rĂ©pĂ©tĂ© en montrant le ciel Ça tape. » J'ai dit Oui. »Un peu aprĂšs, il m'a demandĂ©e C'est votre mĂšre qui est lĂ  ? » J'ai encore dit Oui. » Elle Ă©tait vieille ? » J'ai rĂ©pondu Comme ça », parce que je ne savais pas le chiffre exact. Ensuite, il s'est tu. Je me suis retournĂ© et j'ai vu le vieux PĂ©rez Ă  une cinquantaine de mĂštres derriĂšre nous. Il se hĂątait en balançant son feutre Ă  bout de bras. J'ai regardĂ© aussi le directeur. Il marchait avec beaucoup de dignitĂ©, sans un geste inutile. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front, mais il ne les essuyait me semblait que le convoi marchait un peu plus vite. Autour de moi, c'Ă©tait toujours la mĂȘme campagne lumineuse gorgĂ©e de soleil. L'Ă©clat du ciel Ă©tait insoutenable. À un moment donnĂ©, nous sommes passĂ©s sur une partie de la route qui avait Ă©tĂ© rĂ©cemment refaite. Le soleil avait fait Ă©clater le goudron. Les pieds y enfonçaient et laissaient ouverte sa pulpe brillante. Au-dessus de la voiture, le chapeau du cocher, en cuir bouilli, semblait avoir Ă©tĂ© pĂ©tri dans cette boue noire. J'Ă©tais un peu perdu entre le ciel bleu et blanc et la monotonie de ces couleurs, noir gluant du goudron ouvert, noir terne des habits, noir laque de la voiture. Tout cela, le soleil, l'odeur de cuir et de crottin de la voiture, celle du vernis et celle de l'encens, la fatigue d'une nuit d'insomnie, me troublait le regard et les idĂ©es. Je me suis retournĂ© une fois de plus PĂ©rez m'a paru trĂšs loin, perdu dans une nuĂ©e de chaleur, puis je ne l'ai plus aperçu. Je l'ai cherchĂ© du regard et j'ai vu qu'il avait quittĂ© la route et pris Ă  travers champs. J'ai constatĂ© aussi que devant moi la route tournait. J'ai compris que PĂ©rez qui connaissait le pays coupait au plus court pour nous rattraper. Au tournant il nous avait rejoints. Puis nous l'avons perdu. Il a repris encore Ă  travers champs et comme cela plusieurs fois. Moi, je sentais le sang qui me battait aux s'est passĂ© ensuite avec tant de prĂ©cipitation, de certitude et de naturel, que je ne me souviens plus de rien. Une chose seulement Ă  l'entrĂ©e du village, l'infirmiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e m'a parlĂ©. Elle avait une voix singuliĂšre qui n'allait pas avec son visage, une voix mĂ©lodieuse et tremblante. Elle m'a dit Si on va doucement, on risque une insolation. Mais si on va trop vite, on est en transpiration et dans l'Ă©glise on attrape un chaud et froid. » Elle avait raison. Il n'y avait pas d'issue. J'ai encore gardĂ© quelques images de cette journĂ©e par exemple, le visage de PĂ©rez quand, pour la derniĂšre fois, il nous a rejoints prĂšs du village. De grosses larmes d'Ă©nervement et de peine ruisselaient sur ses joues. Mais, Ă  cause des rides, elles ne s'Ă©coulaient pas. Elles s'Ă©talaient, se rejoignaient et formaient un vernis d'eau sur ce visage dĂ©truit. Il y a eu encore l'Ă©glise et les villageois sur les trottoirs, les gĂ©raniums rouges sur les tombes du cimetiĂšre, l'Ă©vanouissement de PĂ©rez on eĂ»t dit un pantin disloquĂ©, la terre couleur de sang qui roulait sur la biĂšre de maman, la chair blanche des racines qui s'y mĂȘlaient, encore du monde, des voix, le village, l'attente devant un cafĂ©, l'incessant ronflement du moteur, et ma joie quand l'autobus est entrĂ© dans le nid de lumiĂšres d'Alger et que j'ai pensĂ© que j'allais me coucher et dormir pendant douze heures.

il me regarde de la tĂȘte au pied